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Sus à l’insomnie (suite)

L’insomnie du jeune enfant est une souffrance tant pour les parents que pour l’intéressé !. Nous avons eu, la semaine passée, brièvement,  l’occasion de débroussailler les raisons qui mettent en place un pareil comportement.

En effet, ce qui sous-tiendrait l’insomnie se révèle être l’angoisse inconsciente de ne pas pouvoir lâcher l’emprise sur les parents, de crainte de les perdre. Le but inavoué de ce symptôme serait de garder les parents sous contrôle car…que peut un enfant sans ses parents !

Tout cela est bel et bien mais comment faire pour aider l’enfant à évacuer cette peur, ‘il se laisse aller au sommeil, de perdre ses parents? Comment rendre  suffisamment prégnant le sentiment de la sécurisante permanence parentale ?

Agir pendant le jour !

Souvent, les parents demandant aide et assistance pour trouver une solution à cette problématique , “ ont déjà tout essayé ” ! Aussi quand ils font appel à un avis extérieur, ils souhaitent qu’un judicieux conseil du “ comment faire au moment de l’endormissement. ”règle tout comme par miracle…

Douce illusion. Personnellement je m’en tiens à une règle d’or : les problèmes de la nuit se résolvent pendant le jour ! Par conséquent c’est dès le lever que certaine habitudes doivent changer ; or changer une habitude demande du temps et de l’énergie..

C’est donc dès le matin et durant la journée que l’on cherchera à mettre en place l’anti-dote contre l’angoisse qui ronge l’enfant, celle qui lui interdit de se laisser glisser toute une nuit dans un sommeil réparateur. Celle qui, dans la même foulée, lui dicte de garder le contrôle sur l’agir parental et par conséquent de garder l’œil ouvert !.

Solidifier le sentiment de permanence du lien affectif

Pour s’endormir en toute quiétude, l’enfant doit être imprégné de la conviction de la permanence du lien affectif entre lui et ses parents, de la certitude qu’il les retrouvera au réveil. Celle-ci s’acquiert pendant le jour. Pour ce faire l’enfant doit pouvoir évoluer dans l’univers familial sans pour autant être continuellement dans le champ de regard de l’adulte et par conséquent sans que l’adulte ne soit pas continuellement à portée de la vision de l’enfant. Sinon une habitude risque de s’installer : seul le regard garantit la permanence de l’autre…

Le jeune enfant doit pouvoir, par exemple, expérimenter régulièrement  de passer certains petits laps de temps à jouer seul hors du regard de l’adulte, un adulte doit pouvoir vaquer à certaines occupations sans avoir sans cesse l’enfant à ses trousses ! Ainsi, le petit réalise qu’occuper un espace physique différent de celui de l’adulte n’implique pas la perte de ce dernier.

Par les moments de séparation physiologique, l’enfant s’imprègne doucement du sentiment que hors des yeux ne signifie pas hors du cœur et que séparation n’est pas synonyme de perte et d’abandon.

Mettre la coupure

En apprenant à l’enfant que la distanciation des corps n’est pas signe de mort, l’adulte exprime aussi que sa survie ne dépend pas de ce même enfant !

Tandis que si l’enfant, via le regard, via ses comportements garde sans cesse  le contrôle sur tous nos agissements il en déduit que l’adulte ne peut fonctionner adéquatement sans ce contrôle !

Prenons un exemple courant mais loin d’être anodin : Nombre de parents se plaignent de ce que leur enfant interfère sans cesse lors de la moindre conversation qui se passe en dehors de lui. Le téléphone par exemple. Certains enfants utilisent des trésors d’imagination pour empêcher l’adulte d’avoir une conversation continue. Agacé, parfois abdique disant à son interlocuteur : “ Je te laisse car mon bout de chou me réclame et ne veut pas que je reste au téléphone. ”

Imaginez le pouvoir dont se sent investi un enfant dans ce cas ! Ces moments d’intimité, le téléphone, lire son livre, écouter une musique, sont des moments légitimes voire indispensables, à l’adulte à en rester maître…

Accepter une continuelle miction de l’enfant dans chaque fait et geste de l’adulte, donne au premier une position de pouvoir hors mesure. Cela cultive chez l’enfant LE DEVOIR de soumettre l’adulte à sa loi et à son désir despotique faisant du parent l’enfant de son enfant…

Contrôle à double sens…

N’allez pas imaginer, cher adulte, que face à un enfant insomniaque vous êtes, en fait tombé, telle une proie innocente, dans les griffes d’un enfant ivre de pouvoir !

Non, non, lorsque, en tant que parents nous nous laissons gouverner par les désirs de notre progéniture, c’est aussi parce que de notre côté, la coupure est souffrance. En laissant un enfant exercer un contrôle sur vous, vous l’avez du même coup sous contrôle…vous avez un œil sur tout ce qu’il fait et pouvez, à tout moment, influencer sa pensée. Parfois nous aimons bien que les enfants pensent comme nous…

Coupure signifie aussi espaces psychiques différents

Lorsque l’enfant est hors de la sphère d’influence de l’adulte, il apprend à survivre de par sa propre énergie, de par ses propres idées et compréhension du monde. Il développe sa pensées propre et donc aussi la spécificité de ses angoisses. Prenons un exemple.

Jacques, deux ans, comme beaucoup d’enfants qui s’endorment difficilement, est inquiet lorsqu’il se retrouve en milieu inconnu. Un jour allant rendre visite à une dame, notre Jacques accroché au vêtement maternel, ne laisse pas celle-ci placer un mot car il lui dit sans relâche : “ Maman ! Là, chat, peur. ”

Après s’être mise à quatre pattes, avoir regardé en tous sens, la mère lui répond : “  Non, il n’y a pas de chat, il ne faut pas avoir peur. ”

Mais l’enfant insiste, fini par hurler en disant qu’il a peur du chat, il maintien ainsi totalement l’attention de sa mère qui ne peut continuer sa conversation avec la dame tant elle essaye de persuader son enfant de la non raison de la peur. Elle trouve une foule d’argumentations rationnelles, oubliant sans doute que les émotions ne se commandent pas par la seule volonté ou par le savoir d’un autre ! Cette maman voulait à tout prix que l’enfant pense comme elle et donc n’éprouve pas une peur qui à ses yeux était irraisonnée.

Nous savons tous que les uns ont peur d’une souris, d’autres d’un serpent, d’autres encore des araignées, etc.… rien de très raisonnable dans tout cela !

Mais quand la peur nous saisi, un beau discours, hélas, ne la fait pas s’évanouir.

Cette maman ne diminuait en rien la peur de son enfant en essayant de le persuader qu’il n’y avait aucun chat à l’horizon. La peur gardait toute son emprise et, double raison d’être et de se conserver, grâce à sa frayeur l’enfant obtenait le monopole de l’attention maternelle !
Pour bien dormir, un enfant doit être convaincu de la permanence du lien affectif, avons-nous dit plus haut. C’est aussi par la permission de la différence du ressenti émotionnel que ce sentiment s’incruste dans le psychisme. A ce niveau, aussi, il faut faire de la place pour la coupure. Ce n’est pas parce que l’adulte n’a pas peur qu’il est interdit à l’enfant d’avoir peur !

Un discours rassurant

Un discours rassurant pour l’enfant sera : “ Tu vois un chat et tu as peur. Moi, je ne vois pas de chat et je sais qu’il n’y a aucun danger ici pour toi. Si tu a peur, tu peux rester près de moi mais maintenant je veux continuer à parler avec la dame donc tu ne m’interromps plus. ”

Ainsi l’émotion de l’enfant, en aucun cas dénigré, est reconnue sans que pour autant elle n’alloue une main mise sur les agissements de sa mère. Ici, l’adulte explicite sa vision personnelle par rapport à l’événement, sa réponse n’avance pas un jugement de valeur ou de véracité d’un vécu par rapport à un autre mais assume l’évolution de la situation.

Pour un enfant cette attitude est sécurisante puisque l’adulte prend en charge ses responsabilités.

La sécurité assure la paix de l’âme et la confiance dans la vie. Pour s’endormir aisément, pour s’autoriser une nuit paisible et d’un sommeil réparateur, un enfant doit, affectivement, se sentir protégé par le lien sécurisant d’avec les parents et surtout, savoir que ce n’est pas à lui à assurer la permanence de ce lien…