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Ta mère part faire un grand voyage

La maman de la petite Kim est très malade, "Il lui reste deux mois à vivre" disent les médecins.
"Que peut comprendre de la mort une enfant de 4 ans?", se demande le père.
Vaut-il mieux attendre l'évènement ou y préparer l'enfant?

A cette question cruciale, il n'y a, sans doute, pas  réponse idéale. Cependant, une chose est certaine: un enfant a droit à la vérité et pas à une vérité tronquée du genre : "Maman va partir faire un long voyage et cela durera longtemps avant qu'elle ne revienne."

"Le long voyage", pourquoi pas. Pour les petits, sensibles dès leur naissance à la notion de la perte, "mourir" c'est pareil à "dormir", c'est partir en voyage. Malgré que l'enfant conçoive très bien ce qu'est la mort, avant cinq ans, pour eux, elle n'est pas irrémédiable; en effet, être dans un cercueil n'empêche pas de sentir ou de penser se disent les tous petits. Et tant mieux! Par contre le silence de l'entourage sur la disparition des proches crée l'angoisse devant la mort.

Je suis bien plus sceptique quant à la fin de la phrase "et cela durera longtemps avant qu'elle ne revienne."   J'ai rencontré des adultes à qui, enfant, on avait tenu ce genre de discours. Dans ce cas, impossible d'accepter la réalité, car l'illusion des retrouvailles, incrustée au creux de l'imaginaire, empêche de mener à bien le processus de deuil. En effet,  même devenu "grand", l'enfant  de ce parent décédé, quoique sachant fort bien intellectuellement que mort signifie non retour, fin de la vie, ne peut s'empêcher, dans l'inconscient de son cœur, de continuer à attendre que le mort revienne….

Il ne faut pas empêcher un enfant de comprendre des choses comme on les vit à son âge, à voir la mort selon "sa" vérité, mais de là à lui raconter des sornettes…

Et l'enterrement?

"A quoi bon emmener cette enfant à la messe d'enterrement, elle est trop petite, elle ne comprendra rien, pour elle tous ces pleurs n'auront aucun sens !" tel est le discours encore  souvent tenu lorsque meurt un membre de la famille proche.

L'adulte aurait-il honte de pleurer devant un petit enfant? De plus faut-il réduire la compréhension enfantine de la mort à un stade inachevé de l'évolution de l'intelligence?

A moins que ce ne soit cette fausse pudeur de notre époque qui fait de la mort un tabou? Autrefois, la mort était plus abordable, les contes et comptines et berceuses en parlaient sans détour, la mort faisait partie des risques de la vie. Aujourd'hui, la mort est vécue comme un échec, parfois comme une faute commise par l'un ou l'autre.

D'où cette hésitation à confronter l'enfant à cette dure fatalité; en plus, joue certainement la peur concernant les questions qu'il posera. "Si maman n'est plus ici, où est-elle alors?" Pour un nombre croissant de gens le réponse: "Elle est au ciel" n'a plus de sens, mais que dire alors? L'enterrement est une réponse. Il y a un lieu où vont les morts, où ils sont déposés, où ils peuvent se reposer, où l'on peut leur rendre visite. L'enterrement est un rite auquel l'enfant à le droit d'être initié. Les rites sont de plus en plus délaissés au profit d'une société de consommation  où seul compte le palpable. Or les rites nous relient encore un brin au sacré dont nous avons le sens inné (il suffit d'observer les enfants) mais de combien refoulé chez nombre d'adultes! Peut être parce que pas raisonnable?

Enterrement et cimetière ont un sens et une utilité certaine. Suite à un décès, certains enfants souffrent de troubles de sommeil ou de difficultés somatiques car ils ne savent pas localiser "OU" est le décédé, on n'a jamais songé à les amener au cimetière…

Trouver les mots justes pour parler de la mort, n'est bien sûr pas chose aisée, est-ce même possible? Chacun de nous, face à cette difficile question fait, sans doute, le mieux qu'il peut avec qui il est. Néanmoins, il est utile de se rendre compte, comme l'a dit un jour Danielle Rapaport, parlant d'un enfant confronté de plein fouet à la mort " Le savoir ne suffit pas, le dire non plus. Mais se taire, c'est exclure l'enfant de sa réalité".