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Tête bien faite, tête bien pleine ?

Une tête bien faite ou une tête bien pleine ? Le débat ne date pas d’aujourd’hui ! A chaque rentrée scolaire il gagne même un peu plus en actualité. D’un côté les partisans du savoir à tout prix, au mépris même, parfois, de l’épanouissement des écoliers ; de l’autre, les défenseurs d’une pédagogie plus globale, privilégiant le bien-être de l’enfant avant la transmission des connaissances.

Sur le banc des accusés : l’école qui, d’année en année, produit un peu plus de violence, un peu plus d’échecs, un peu plus d’enfants déstabilisés.

Pas de doute, de tous côtés, c’est la bonne volonté qui prime, il n’empêche que bien des parents se questionnent quant à la direction à donner au choix éducatif. 

Mais quelle signification donner au mot « éduquer » ?

Etymologiquement, le mot éduquer vient de E-ducere c'est à dire conduire hors de, montrer un chemin pour « advenir à soi », mais il s’est dégradé au siècle passé en Educare c’est à dire : nourrir.

Educare

Cette dernière interprétation a orienté l’action éducative essentiellement vers un apport de savoir, veiller à ce que l’enfant ait une tête bien pleine…en négligeant les qualités de cœur, de courage et d’équilibre qui pourtant sont déterminantes pour la réussite d’un projet de vie.

Référé au seul paramètre de nourrir, l’éducateur s’efforce de gaver l’enfant d’une série de connaissances pour qu’il en sache plus que les autres, prouvant ainsi “que l’enfant est bien éduqué”. Cette philosophie s’appuie sur la certitude que l’éducation doit garantir l’acquisition du meilleur diplôme et cela parfois même au mépris des dispositions naturelles de l’enfant. Ainsi, piégé par un des impératifs essentiels de notre époque : la Performance, l’adulte favorise le matraquage intellectuel. Apprentissage où on a tendance à plaquer des connaissances sans prendre le temps de former les esprits, d’apprendre à réfléchir et de développer un sens critique.

Aux yeux de cette pédagogie, l’enfant doit surtout prester à l’école, être compétitif, meilleur que les autres, devenir un gagnant et faire des autres des perdants…Pour combien d’adultes, hélas, seul le critère scolaire évalue l’enfant sur la balance des nuls et des bons… Le Bon est celui qui a « bien assimilé », qui reproduit sagement le savoir ingurgité tandis que le Nul est celui chez qui « rien ne rentre »…

E-ducere

Pris dans ce sens, éduquer est avant tout aller à la rencontre de l’enfant afin de l’aider à trouver SON chemin “pour advenir à soi”. C’est l’aider à être bien dans sa peau, dans l’entièreté de son Être. Ici prime l’idée que l’essentiel serait d’intéresser l’enfant à son travail, de cultiver son désir d’apprendre plutôt que de le bombarder par un matraquage intellectuel. Pris dans ce sens, l'éducation est la capacité d'être à l'écoute de l'enfant afin de « faire sortir de l’intérieur » toutes ses potentialités.

E-ducere, c’est aimer l’enfant pour qui il est et l’amener à donner un sens à sa vie. Lui permettre de faire de sa vie son entreprise c’est à dire l’amener à concevoir des projets et de transformer ses projets en actions donc en réalisations! Donner un sens à sa vie ce n’est pas emmagasiner un savoir désincarné mais avoir un but.

E-ducere, c’est aimer l’enfant pour qui il est et lui renvoyer une image positive de  lui-même même s’il ne correspond pas au standard comportemental du “bon élève”…C’est l’amener à s’aimer dans sa différence et dans la spécificité de son être. Nous évoluons dans un monde de plus en plus dur, déboussolé et sans pardon aussi il me paraît essentiel de repenser l’éducation comme un rôle qui amène l’enfant à une autonomie de la pensée et des actes afin qu’adulte, il soit libre dans ses choix et se sente responsable de ses actes.

Mais attention, gare à une fausse idée concernant les besoins d’un enfant !

Suite à mai 68, prônant l’interdit d’interdire, un certain laxisme pédagogique vient sans doute d’une mauvaise interprétation de la conviction suivante : « L’enfant dispose de tout le potentiel pour s’auto-éduquer. L’adulte n’est là que pour lui donner les moyens : sécurité affective, environnement adéquat, ambiance propice à son développement. » Le corollaire de cet énoncé demande à l’éducateur de respecter le droit de l’enfant « à apprendre à faire seul » Certains en ont déduit que la tâche pédagogique se limite essentiellement à offrir à l’enfant des moyens matériels afin de lui permettre de « s’auto-éduquer ». Mais un enfant peut-il prendre en charge lui-même son éducation ?

Aussi trop souvent, par crainte de la directivité, l’adulte se comporte comme si l’important, pour l’enfant, était d’écouter son « Laisse-moi faire comme moi je veux ! » Attention donc ! Si acquérir le sens de l’autonomie et apprendre à faire seul est incontestablement une des valeurs essentielles de « l’e-ducere », il ne doit en aucun cas être confondu avec « laisser la bride sur le cou » à un désir que rien ne viendrait limiter…Le rôle de l’adulte n’est-il pas, aussi, de garantir un cadre clair, d’être une personne de référence par rapport à  qui l’enfant peut s’identifier ou s’opposer? Quelqu’un qui lui montre que tout acte à ses conséquences et que l’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre !

Si freiner la violence est, à notre époque, une priorité, le rôle de l’adulte sera d’aider les enfants à humaniser la pulsion brute qui « veux tout, tout de suite, quand je veux, comme je veux »…en instituant une éducation qui ne craint pas de s’affirmer par une saine autorité !

A bon entendeur salut !

Mots clés: Education Relation Performance Limites