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Un trésor sur la plage

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Souvent observer la relation parents enfants, me plonge dans l’émerveillement ; d’autre fois hélas la même interaction me donne froid dans le dos…

Ce jour-là, au bord de l’eau, il faisait bon chaud. Non loin de moi, s’installe un couple accompagné d’une enfant de plus ou moins 5 ans. Ils louent deux chaises longues et un parasol, l’enfant se déshabille. Banalité du quotidien de la plage, je me replonge dans mon livre.

Ensuite le délaissant quelques minutes pour perdre mon regard dans l’immensité bleue, mes yeux tombent sur une fillette figée au bord de la mer. Elle restera comme cela pendant de nombreuses longues minutes, immobile, harnachée dans un maillot de bain qui, bardé de bouées devant et derrière, ressemble étrangement à une camisole de force…Quel contraste avec les autres enfants à l’alentour qui barbotaient gaiement, légèrement vêtus, au bord d’une mer paisible comme un lac sans rides.

Ils jouent entre eux, toute langues confondues ; elle est seule. Soudain, Clotilde ( nom d’emprunt puisque je n’ai jamais entendu les parents le prononcer) pousse un cri strident, elle a vu une algue, un petit brin d’algue venir dans sa direction. D’un bond, les parents se précipitent : “ Oh, la vilaine algue… ” et ils retournent vers le campement de base à 3 mètres de là.

Petit détail qui en dit long : une des chaises longues est recouverte de pied en cap de deux magnifiques serviettes de bain, l’un au motif de Simba, l’autre de Cinderella, visiblement c’est la couchette destinée à la “ princesse ”. Le père, quant à lui, est allongé sur l’autre chaise sur un vieil essui délavé, tandis que la mère est couchée à même le sol et peste contre le sable …

Passe un vendeur de glace, l’enfant hurle, “ Veut une crème à la glace ”

“ Non,, dit la mère, tu en a reçu une il y a une demi-heure ”

L’enfant ne se laisse pas démonter pour autant ! Elle hurle à tout qui veut l’entendre : “ Où est mon argent? Mamapa, où est mon argent ? ” Aussitôt, les parents se lèvent, quatre mains fouillent le sac de plage. L’enfant ayant récupéré son petit portefeuille hèle le marchand de glace et, triomphante, elle se campe devant ses parents et lèche sa glace. Ensuite elle retourne au bord de l’eau hurlant à intervalles réguliers une phrase anodine ou un ordre à ses parents, s’adressant toujours à “ Mamapa ” c’est à dire indifféremment au père ou à la mère, ce qui est logique puisque au moindre de ses petits cris, tous deux se redressent comme des diables sortant d’une boite !

Quelle lourde tâche incombe à cette enfant de devoir ainsi “ occuper ” ses parents… En effet ceux-ci n’ont pas de lecture, pas de conversation à deux, leur seule activité est d’avoir le regard rivé sur chaque fait et geste de la petite et de répondre à ses moindres appels. Pas étonnant que la petite n’ait plus d’énergie à consacrer pour aller à la découverte de ses pairs.

Comment d’ailleurs pourrait-elle participer à leurs jeux, En effet, cette fillette qui déjà a une chevelure tombant sur les reins, lui encombrant les yeux au moindre mouvement, a été affublée d’un énorme paréo d’adulte lui couvrant le haut de corps. Un gros nœud à l’avant se superposant aux flotteurs du maillot, bloque sa mobilité et transforme cette enfant en grotesque nourrisson emmailloté…

Pauvre gosse visiblement transformée en objet focalisant tout le désir de Mamapa c’est à dire du couple. Cantonnée dans un rôle de toute puissance par rapport à des adultes dont elle représente “ le Trésor ” inestimable et farouchement gardé. Elle n’a d’autre issue pour dire sa solitude que de se faire entendre par tous . Sur la plage, on n’entendait qu’elle ; certains disaient : “ Sale gosse ” , tout bas, je pensais “ Pauvre gosse ”.

Le temps des vacances n’est-il pas celui de l’oxygène ? Moment béni de l’année, où hors des contraintes du travail ou de l’école, les enfants découvrent un plus d’autonomie et les parents peuvent, enfin, prendre un peu de temps pour se regarder dans les yeux et jouir… du temps présent.