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La Richesse de Noël

« Mais qu’est ce qu’un conte sinon une vision différente de la réalité ? » Jean Van Hamme

La fête de Noël, malgré elle, est souvent une affaire de sous. « Suis-je assez riche pour offrir tel cadeau ? » Que ce soit dans les contes, dans les histoires inventées par les enfants ou dans nos bouches d’adultes, au quotidien, les mots pauvre et riche reviennent fréquemment.

La quête de richesse semble être inscrite au cœur même de l’humain. Parlant d’être riche, l’enfant pense-t-il à de la monnaie sonnante et trébuchante ? A son pouvoir d’achat ? A son compte en banque rempli ou vide ? Ou s’agit-il d’autre chose ? D’une richesse intérieure invisible et impalpable à laquelle nous renvoie Isaline, qui dessinant le contour de sa main sur une feuille blanche, s’exclame:  « J’ai une belle main, je suis riche »

Le mot « pauvre », quant à lui, est associé à l’idée de manque. Ce manque peut être de divers ordres. Si une femme, riche héritière, se fait battre par son mari, ne dirons-nous pas « pauvre femme » ? Manquer d’amour et manquer d’argent, quoique s’énonçant par le signifiant « pauvre », n’appartiennent pas au même registre. Pour l’enfant le mot « pauvre » signifie être en difficulté, en souffrance, en manque de cet amour qui donne la possibilité de se sentir exister. La richesse dont parlent les contes, celle qu’imagine le cœur des enfants, renvoie à l’abondance de cet amour.

La fête de Noel étant propice aux cadeaux, je me propose de vous offrir, en ce mois de décembre, un petit conte inventé par un garçonnet de 6 ans à la vue d’une image découverte dans mon bureau. « Il était une fois un riche fermier. Il avait un beau cheval blanc. Hélas un jour ses sabots furent pleins de boue et il ne fabriquait plus assez de blé, et donc plus assez de pain. Le fermier devenait pauvre. Son fils lui demanda un uniforme pour aller à l’école et le papa lui dit non parce qu’il n’avait pas assez d’argent. Le fils fit un vœu pour qu’ils ne soient plus pauvres. Et alors le blé poussa, poussa. Le papa demanda ce que c’était ce miracle. Le fils lui dit que c’était lui qui avait fait un vœu. Alors il eut un uniforme, il put aller à l’école et ils furent à nouveau riches. »

Nous naissons tous dotés d’une potentialité d’amour : « d’un beau cheval blanc ». Il nous permet de cheminer vers notre richesse intérieure. Mais, alourdi de boue, traversant un moment difficile de sa vie durant lequel il pensait être nul au regard de ses parents, le cheval d’Harold ne lui permet plus de récolter la manne quotidienne de bonheur. Envahi d’une tristesse ou d’un malentendu quant à l’amour qu’on lui porte, en plus d’être parasité d’un sentiment de dévalorisation, à l’instar du fermier, Harold se sent devenir « pauvre ». Un poids encombre son cœur. Néanmoins, son courage, sa vitalité, symbolisés ici par le vœu du fils, l’emportent et le blé pousse, pousse. La force de la vie reprend le dessus, l’amour triomphe de la boue qui enlisait son quotidien.

Pour la préparation de la fête de Noël, ne nous enlisons pas dans la fascination de l’Avoir que soutient notre société de consommation. Faisons la part belle au cheminement de notre cheval blanc, manifestons la richesse d’être avec ceux que nous aimons et offrons en cadeau la joie de vivre, la réciprocité et le plaisir du partage. 

Mots clés: Bonheur Contes Argent Fête