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Le Buzz

« La liberté est ce que l’on fait avec ce que l’on vous a fait » (Sartre)

Rumeurs et bourdonnements…

Non, je ne vous entretiendrai pas du vrombissement agité d’insectes voltigeant d’une fleur de pommier à celle d’un poirier, du tendre bruissement annonçant le printemps.

Mais des buzz scandés de tweets fredonnant en toutes saisons. Une nuée chaotique de buzz nous drape dans un tintamarre multimédiatique. Telle une rumeur, ces bouche-à-oreille numériques occupent tous les canaux de communication, réel marketing viral, transformant le consommateur d’information en vecteur du message. Et chacun y va de son cliché journalistique.

Se passionnant de cancans, cette nouvelle mode médiatique tente de créer des remous par la retransmission instantanée d’évènements. Hélas, plutôt que de favoriser le partage d’une réflexion relevant le niveau de conscience, ou encore dévoilant une découverte glorifiant notre humanité, les humains ont un penchant naturel à occuper voire à gaver leur pensée de malheurs et de scandales… Pour être reconnu il faut parler de personnes connues, d’où le succès des buzz autour du pape, de la famille royale, de tweets intimes de politiciens, etc… Toute collecte volée autour d’une parole échappée, d’un geste malencontreux, de suppositions malsaines, est portée à bras d’écrans. Occupant les espaces médiatiques jusqu’à saturation, voire indigestion. Comme si soudain l’univers avait trouvé un nouveau centre de gravitation.

De tout temps le sensationnalisme a eu ses adeptes, mais actuellement, avec la complicité des médias, tel un virus, il se faufile partout. Faisant croire à nos têtes blondes et brunes que l’essentiel est « l’évènement people ou trash». La fascination de l’horreur vit de belles heures sur les réseaux sociaux. Car plus on agit de façon trash, plus on a de chance de créer un buzz, d’être à la Une pendant quelques heures. Récemment, quelqu’un annonça sa mort. Textos, poke, sms fusèrent tous azimuts. « Quoi, tu ne sais pas que…? » Quelques heures plus tard, tout était démenti, mais le buzz, lui, était parfaitement réussi ! Qu’importe la manipulation, ce qui compte c’est l’impact personnel sur le Net.

L’essentiel d’une vie serait-il de faire parler de soi ? Serait-ce, aujourd’hui, la seule manière de se sentir exister ? « Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées », nous chante Brassens. Ainsi, le talent des politiques ne se calcule plus en valeur de joutes rhétoriques, mais en chiffres d’occupation dans les médias, quels que soient les moyens utilisés pour ce faire…. Le geste qui sème la discorde se retrouve bien plus relayé que l’acte citoyen.

Sans doute le buzz est-il un nouvel instrument au service de l’ordre planétaire. Mais doit-il s’apparenter à une force de destruction massive ? Non, nous ne sommes pas automatiquement prémunis contre les utopies numériques que la mode journalistique charrie par vagues ininterrompues. Par contre, plutôt que de nous laisser transformer en une masse humaine avide de ragots, si nous plaidions pour une buzzmania positive ? Plutôt que des épines, cela mettrait des fleurs dans les cœurs.

Qu’en pensez-vous ? 

Mots clés: Société Ecrans