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Manque de Mots

Ce n’est qu’un billet d’humeur mais heureusement j’ai le privilège d’avoir reçu des mots pour vous en faire part. Bel héritage transmis par ceux qui m’ont accueillie à la naissance. Précieux présent de ceux qui nous précèdent, qui l’ont eux-mêmes reçu de leurs ascendants.

Nul n’est propriétaire du langage, nous n’en sommes que les dépositaires mais nous avons une obligation de transmission, car le langage nous humanise. Lorsqu’on possède le terme exact qui fait le lien avec l’expérience sensible, nous pouvons décrire avec nuance la palette de nos sentiments, par petites touches personnelles. « La différence entre le mot juste et le mot presque juste est la même qu’entre l’éclair et le ver luisant » (Mark Twain). Sans mots, il est impossible d’envisager un rapport serein au monde, aux autres et à soi-même. « N’aboie pas quand tu me parles » me disait mon père quand j’étais gosse. Oui, parler cela s’apprend dans la richesse du vocabulaire et dans la manière de s’exprimer.

Or les jeunes manquent cruellement de mots pour dire ou comprendre le monde. Récemment un journaliste fit l’exercice de présenter 18 mots dits difficiles à des étudiants de première année d’université. Mots tels que accumuler, de facto, plausible, empirique. Celui qui obtint le meilleur score, en comprit 9 sur les 18… Le mot syllabus n’était connu que d’un étudiant sur sept. On croit rêver. Ne leur jetons pas la pierre, les jeunes sont  des éponges qui s’imprègnent de l’exemple que leurs proches et la culture environnante véhiculent. Les nouvelles technologies exigeant la concision de l’immédiateté ne favorisent pas le vocabulaire. Si nos jeunes manquent de mots c’est que nous ne les leur avons pas transmis. Si nous participons au jeu de l’approximation et de la familiarité, premières manifestations de l’absence de code, négation même de la civilisation, nous sommes coupables de barbarisme. Préfiguration de la barbarie ! Arrêtons, dans ce cas, de nous offusquer quand la pulsion brute de nos ados se noie dans l’alcool ou s’éclate dans des passages à l’acte violents.

La violence des jeunes est en partie due au fait qu’ils manquent de mots. Une façon de contrecarrer cette violence est de lutter contre l’acculturation langagière. Le développement des multimedias avec la prédominance de l’image amène l’intelligence visuelle à être beaucoup plus développée que l’intelligence verbale. Dans son malaise, on constate que la jeunesse semble être de moins en moins en possession d’une syntaxe, d’un vocabulaire riche et varié. Ce qui a pour conséquence que les jeunes sont de moins en moins outillés d’un code verbal diversifié pour dire qui ils sont, ou ce qu’ils désirent. Alors ils lancent, à la ronde, des jets de mots pavés ou des coups. Savoir exprimer la nuance n’est-elle pas une arme contre l’intolérance et la bêtise ?

L’approximation et la familiarité sont les manifestations premières d’un glissement progressif vers l’absence de code, à savoir la négation même de la civilisation, fondée sur les règles de la vie en société. Au lieu de contrer celle-ci, l’infantilisation des adultes les poussant à user de la novlangue en remet une couche ! Comme si pour « rester dans le coup » et faire jeune, il ne fallait surtout pas transmettre une richesse du passé. 

Diane Drory

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Diane Drory

Psychologue-Psychanalyste

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