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« Si la mesure de nos pas diffère et si nous ne butons pas sur les mêmes cailloux, notre aventure n’est-elle pas commune ? (Colette Nys-Masure)

Je repasse
Tu caresses
Elle punit
Nous embrassons
Vous révisez
Elles accompagnent

Ce n’est qu’un billet d’humeur, d’humeur, en ce mois de mai, à voguer sur l’océan des mères. Chaque vague porte son enfant, contrainte à la dérive des courants qui le pousseront vers l’horizon de sa rive. Entre déesse mère et mère courage, où sommes-nous ?

Mère nourricière, mère patience, mère port d’attache, mère médiatrice mais surtout initiatrice. Transmettant consciemment ou inconsciemment, d’une génération à l’autre, l’histoire, le savoir, les valeurs des lignées d’origine. La mère et l’enfant, sujet favori de tant de peintres, tentant de pénétrer cet éternel mystère. Tantôt on se remet mal d’avoir eu une mère, tantôt c’est son absence qui nous dévaste. L’abysse de l’abandon mue le grand bleu en gris tandis que le cyclone de l’amour possessif nous étouffe dans l’étau paralysant du sentiment d’impuissance.

Murmures aux mères…

Formant la trame du jour, vous égrenez des poussières d’évènements. Chantant sans le savoir un hymne au présent, égal à tous les âges et à toutes les saisons.

Dans l’expérience d’altérité qu’est une mise au monde, vous êtes le passage et le refuge. De ce corps qui est vôtre s’extrait, advient, émerge et s’échappe un autre, une autre, par laquelle vous vous éprouvez soudain différentes. Un être, non pas à infantiliser mais à générer. Un être qui nous est confié mais que ne sera jamais le « nôtre ». Car brèches et failles nous empêchent souvent de rejoindre comme nous le souhaiterions ceux que nous aimons le plus intimement. Rencontres ratées, retrouvailles tant espérées. Ne sommes-nous pas, telle Pénélope, vouées à perpétuellement nouer et renouer des liens ?

Murmures à ma mère…

Maman, partie depuis tant de lunes, je reviens vers toi. Non pas comme l’enfant qui vient se réfugier mais comme la femme qui ressent son appartenance et son autonomie.

Merci pour ce pacte entre nous, réel ou imaginaire. Merci pour ces messages insufflés au coin du quotidien qui ont permis le dépassement de nos manques, de nos querelles, de nos distances. Véritable passation de pouvoir, accordée avec générosité et reconnaissance de toi à moi, de moi à moi-même. Car aujourd’hui, même si ton parfum a disparu depuis longtemps de mon regard, de mon ouïe, de mon toucher, une sensation au fond de moi te retrouve, ressent ta caution, ton approbation à me savoir à la fois pareille et autre que toi. Me permettant non pas de te répéter mais de te prolonger. De faire œuvre à mon tour, avec mes moyens à moi.

Je te porte en moi comme avant ma naissance tu m’as portée. 

 

Mots clés: Bienveillance Transmission Mère Souvenir