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Mon métier de psychanalyste

« C’est ce que je porte d’inconnu à moi-même qui me fait moi » (Paul Valéry)

Ce n’est qu’un billet d’humeur, d’humeur à dévoiler un pan du métier de psychanalyste. Pourquoi ? Parce que je suis fatiguée d’entendre : « Vous êtes psychanalyste? Quelle horreur ! ».

D’entendre citer Le livre noir de la Psychanalyse qui dénonce cette dernière comme mensongère et sans efficacité. En France, ils viennent d’être écartés de la prise en charge des enfants autistes. Un texte récent émanant de l’université de Gand parle de l’imposture de la psychanalyse, vouée à être rangée parmi les hérésies humaines… Et hier encore une maman m’a demandé : La psychanalyse est-elle dangereuse pour les enfants ?

En découvrant l’inconscient, Freud aurait-il apporté la peste ? Ce Mal qui répand la terreur ? Dont il est insensé de penser qu’il nous frappe tous ? Ses détracteurs soulignent qu’il n’est guère besoin de s’encombrer d’un inconscient pour expliciter la souffrance humaine, encore moins pour la soulager !

Et pourtant c’est bien en se mettant à l’écoute de l’inconscient que le psychanalyste tente de démêler l’écheveau de celui ou celle que le destin a mis dans l’impuissance de soutenir sa singularité au sein de la collectivité. Et à voir les étoiles qui brillent dans les yeux de mes petits « passants » qui ont repris avec entrain le fil de leur vie, il est clair  que l’approche psychanalytique n’est pas vaine…

Un travail psychanalytique est une ouverture à sa propre intériorité. Il offre la possibilité de parler librement de soi, sans jugement, sans restriction et d’être entendu au-delà du sens premier des mots. Le chiffre 120 peut être entendu comme sang et vin,  ou comme sans et vain à moins qu’il ne faille y entendre sans vins. D’un individu à un autre, rien n’est pareil, rien n’est équivalent. Chaque mot est habité d’une autre histoire. Le langage est l’outil privilégié de l’adulte, l’enfant quant à lui parle de sa souffrance ou de son bien-être en mimiques, en bougeant, en dessinant, en s’inventant des histoires, en pétrissant de la pâte à modeler, etc.…

Si, avec ma tête, j’analyse les éléments de vie que l’on me transmet, sachez que c’est avec mon corps entier que j’écoute les questionnements et la souffrance d’un enfant. Aiguisant une acuité perceptive particulière, la spécificité de la fonction de l’analyste sera, avec son troisième œil, de lire entre les lignes de ce qui se donne à voir ou, avec sa troisième oreille, à entendre la réalité psychique inconsciente de cet enfant. Dans mon bureau pas de pragmatisme du genre : « Raconte-moi ce que tu as fait aujourd’hui ? » « Pourquoi crois-tu que tu ne réussis pas à l’école ? » ou encore « Explique moi la raison de tes soucis. ». Il ne s’agit pas de pousser l’enfant à discourir. Ce que l’analyste offre à l’enfant est un espace temps qui n’est ni une conversation anodine, ni un lieu de décryptage du quotidien, ni un temps de jeu mais une possible rencontre avec ce qui l’habite.

L’enfant sent, sait qu’une écoute particulière l’accompagne dans le dépassement de ses pierres d’achoppement. Et un jour il dira « Je crois que je n’ai plus de nuages dans mon cœur » et  quittera son analyste pour continuer son chemin avec heurts, malheurs et bonheurs comme tout un chacun.

Bien souvent, il oubliera complètement qu’un jour il est allé voir un « docteur des soucis »… 

Mots clés: Psychothérapie Société Souffrance Langage