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Pas de Panique

Qui craint de souffrir, souffre déjà de ce qu’il craint (Montaigne)

Ce n’est qu’un billet d’humeur mais d’humeur en refus de contamination. Atomes en fusion, fumées claires ou foncées, eau de mer d’une chaleur douteuse, légumes contaminés, nuage de particules radioactives, les réacteurs de la centrale de Fukushima focalisent toutes les inquiétudes. Le danger nucléaire, marionnette de l’actualité,  s’est offert la Une des médias.

La peur est une émotion qui naît en nous à la perception d’un danger. Objectivement justifiée, cette peur, rien n’empêche de l’affronter, de la surmonter. La peur s’avère légitime, sa fonction vitale  qui est de précaution  appelle prudence et courage. La panique, au contraire, est nuisible.  Nous distrayant de la situation, elle empêche de s'occuper efficacement de l'objet de la peur.

Que vivons-nous à travers tout ce tohu-bohu de flashs, de dernières minutes entraînant notre imaginaire vers nos derniers instants ? Catastrophistes et annonceurs d’apocalypses ont le jeu facile. Un désastre se produit, et voilà Google devenu le miroir de nos angoisses. Le nombre de recherches sur "nucléaire", "radiation", "radioactivité" ou "iode" ont explosé ces derniers temps. Faut-il vraiment s’alarmer avant l’heure de toutes les possibles conséquences d’un possible danger, ou attendre qu’une information concrète nous amène à réagir en toute connaissance de cause, dans une direction ou une autre ? Face à l’avalanche d’informations glanées tous azimuts, la crainte d’un individu s’ajoutant à l’angoisse d’un autre,  le stress d’un troisième s’agglutinant aux précédents, aimants attirant d’autres peurs, et nous voilà partis pour la sarabande de la panique radioactive. Surgit une impulsion à agir dans l’immédiat, hors normes de temps et de lieu. Tout sens critique abandonné.

Dans la panique, contrairement à la peur, le contact avec la réalité dangereuse est coupé. Au lieu de faire face au danger, on imagine des événements et des scénarios catastrophiques. Impossible, alors, de gérer adéquatement la situation appréhendée car elle est trop éloignée de la réalité présente. Une fois amorcée, la panique s'alimente d'elle-même. Elle n'est qu'accumulation de problèmes imaginés, multipliés par des réactions, elles aussi anticipées. Sous l'emprise de la panique nous sommes incapables d'entrevoir une évolution de la situation, de chercher des solutions, de jalonner des étapes dans un cheminement.

Sommes-nous encore capables de tolérer que notre vie quotidienne soit confrontée aux aléas de la vie ? S’il est vrai qu’il faut être conscient des dangers du nucléaire, la panique offre une efficacité très limitée. L’affolement à fait prendre d'assaut nos pharmacies pour acheter des gélules d'iode alors que nous sommes à 10.000 kms du Japon! Que ce soit pour l’iode ou pour les compteurs Geiger, c’est la rupture de stock partout. Même l’Internet,  dernier recours pour ceux qui veulent dénicher des comprimés d’iode, déclare forfait.

L’effet de panique peut être un marché juteux : à Shanghai tout le monde s’est enduit le cou de Betadine pour se protéger du nuage radioactif. Ruée dans les pharmacies et cohortes de rouge-gorges déambulant dans les rues… suite à une plaisanterie orchestrée par une société pharmaceutique. Cultiver la peur, diaboliser les dangers permet de faire vendre des tonnes de produits inutiles à des gens prêts à consommer n’importe quoi pour étouffer leur peur.  Il paraît que cela s’appelle la loi de l’offre et de la demande…

Déjouer le destin funeste ne doit pas empêcher la pensée propre de veiller à ne pas se laisser dissoudre dans la pensée de l’autre, ni emporter par un vent de panique incontrôlé et incontrôlable. Le sage, face au danger à venir, n’est pas craintif disent les stoïciens, mais vigilant et circonspect.

Mots clés: Avenir Société Peur