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« Mon père, ce héros au regard si doux » (V. Hugo)

Ce n’est qu’un billet d’humeur, d’humeur à honorer les pères qui incitent l’enfant à se lever, à se mettre en route, à quitter les siens et les lieux de son enfance. A ne pas craindre le doute.

Les pères, ces guides discrets et fermes qui, appelant l’enfant par son nom, l’incitent à s’éloigner de la rive familiale pour s’élancer vers l’incertain rivage à atteindre. Les pères, qui soutenant l’enfant dans le courant de la vie, l’introduisent dans le mouvement perpétuel des arrachements et des ancrages nouveaux, des risques et des défis. Un père, cet affectueux mentor aidant sa descendance à trouver, par vents et marées sa place d’un parmi d’autres.

Je n’ai plus peur de la nuit. Papa, tu m’introduis aux secrets du monde imparfait sans crainte de raconter ta vie, ton enfance, tes douleurs, tes erreurs. Tes colères sont des tremblements de terre, tes rires sèment des essaims de sourires. Merci pour cette présence qui m’habite.

Tandis que ma petite sœur, mettant un pied devant l’autre, titube, vertige, vacille, tombe, se relève et entend « Vas-y, n’aie pas peur », moi, fier et anxieux, je regarde Papa enlevant les petites roues d’appui de mon vélo. « Vas-y, pédale, je te lâche un tout petit peu… » Tomber, un peu de sang, me relever, essuyer les larmes, remonter, rouler. Victoire, j’avance seul. Tomber, se relever, une loi pour toute la vie. Merci pour cette confiance qui me construit.

Papa si différent de moi.

Il me dit non, je pleure, lui pas.

Face au danger, il est grand et fort, moi je suis petit.

Le soir venu, je ne pense qu’à lui. Lui, pense à maman, à son boulot, aussi à moi, aussi à ma sœur…

Si peur que ses yeux grondeurs ne m’aiment plus. Lui reste impassible à mes moments de détestation. Merci pour cette différence qui me surprend.

Mon père, ne crains pas ta fermeté, cette contenance me sécurise et me lie à toi. Gestes salvateur me permettant de m’approprier la responsabilité de mes agirs. En affrontant mes désobéissances, en assumant le poids de tes paroles, en étant conséquent dans tes remontrances, tu m’ouvres les portes de la réalité du monde afin que je ne m’y perde pas. Merci pour cette autorité qui me structure.

Conteur de mon histoire, de la tienne et de celle de ceux qui m’ont offert un nom, tu m’historise. Offrande pour m’inscrire dans ma propre histoire, me démarquer de mes parents, m’approprier mon destin dans la continuité et la discontinuité. Raconte, Papa, raconte, afin que je sache d’où je viens pour trouver où aller. Sans cela je serai perdu, je vivrai sans ma vie. Merci pour cette transmission qui m’accomplit.

Je rêve de toi. Sans toi je suis un bateau ivre voguant sur le mal de vivre. Sans port d’attache, sans capitaine. Absent de ma vie, présent dans mon cœur. Disgrâce de l’amour. Colère et douleur impraticables. Pourquoi m’as-tu abandonné ? Ton absence me hante.

Papa, mon visage te rend responsable. Papa, ton visage m’humanise. Apprends-moi à penser pour et par moi, à oser mes rêves. 

Mots clés: Education Transmission Père Autonomie