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Trop d'images

« Un monde du simulacre a repoussé définitivement l’accès à la vérité des rapports sociaux » (René Scherer)

Ce n’est qu’un billet d’humeur, d’humeur sans doute politiquement incorrecte. Néanmoins, l’envie me prend de questionner l’emprise, dans certains médias, de l’image cherchant essentiellement à engendrer des débordements émotionnels.

Nous évoluons dans une société d’images, tentaculaire et envahissante. Cette abondance projetée dans notre quotidien, fréquemment liée à la sensation, se répand trop souvent au détriment du pouvoir de la pensée, entraînant de ce fait le recul de la réflexion.  Seul est stimulé le mode d’acquisition d’un savoir basé sur la communication affective, dans lequel le receveur s’identifie aux actions ou aux caractères présentés par l’image.

L’image est une certaine façon qu’a l’objet de paraître à la conscience. Offrant un savoir immédiat, l’image ne renseigne sur rien, elle n’est pas une réelle connaissance, mais elle encourage une disposition naturelle de notre esprit à croire ce qu’il voit. Platon dénonçait déjà l’image comme une adresse à la partie inférieure de l’âme, la partie la plus changeante, la plus instable, celle du désir et des passions. Avec la démultiplication des écrans, l’image, régnant en maître, est essentiellement utilisée comme véhicule émotionnel, au détriment de la recherche d’intériorité.

Parce que l’image peut signifier tout autre chose que ce qu’elle est sensée suggérer, elle peut être utilisée de façon pervertie. Ainsi, un mannequin fait très bien l’affaire sur une liste électorale. L’instrumentalisation de son physique avenant attisant la convoitise du regard, le futur élu espère ainsi convaincre le quidam de la « beauté » de tel programme électoral, qui lui, pour sa part, se retrouve relégué au verso… Pour gagner la vindicte populaire, un autre allège son image de 50kg de rondeurs. Qu’importe le fond pourvu qu’il y ait la forme ! Pareillement, les cancaneries sur la vie privée de personnes en vue soulèvent, à mes yeux, la question de l’intérêt à gorger le versant émotionnel des usagers plutôt que d’assumer un rôle d’information s’adressant à l’intelligence.

La culture de l’émotion a pris une place considérable sur la scène culturelle. Elle est un outil privilégié pour ceux qui cherchent à assurer leur pouvoir. Que l’on se souvienne du succès de l’émission « Ca se discute » de feu Jean-Luc Delarue, sorte de confessionnal populaire. Il s’est grisé de pouvoir quand, sous couvert d’information sur la souffrance humaine, il a vu son Audimat grimper en flèche à force de dérives voyeuristes et de montages sensationnalistes offrant en pâture, sans pudeur aucune, des pans de misère humaine.

Au nom de la liberté d’expression et du droit à l’information, la diffusion tous azimuts de certaines images favorise un système de dépossession psychologique, tant sur le plan individuel qu’au niveau collectif. Les images « choc » informent rarement sur la vérité, ne transmettent pas de savoir mais ensorcèlent et cherchent à fasciner par l’horreur, le dégoût et parfois … la beauté. Heureusement !

Toute cette imagerie d’opinions inscrites au cœur même de l’émotion, qui trop souvent déferle et submerge, risque d’ensevelir l’éthique et la morale. Et d’empêcher parfois les hommes politiques et autres gestionnaires d’agir dans la sérénité…

Mots clés: Société Emotion Souffrance Ecrans Information