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Vacances Wabi

Ce n’est qu’un billet d’humeur, aujourd’hui d’humeur Wabi. D’humeur à apprécier l’instant dans sa juste valeur, celui de vous imaginer en toutes sortes de lieux et formes de vacances.

Le temps de vacances, n’est-il pas celui d’une vacance pour être soi, rien de plus, rien de moins. Se consacrer au minimalisme de l’essentiel, arte povera du quotidien, délestation du superflu. Vacances Wabi. Moments de détente poussant à reconnaître la beauté des choses imparfaites, impermanentes et incomplètes. Remettons à un temps ultérieur l’obligation de rendement et de perfection qui entraîne stress et surmenage. Se dégageant de la manie de la propreté occidentale, aimons la patine des lieux et objets qui ont offert une résistance au temps tout en lui permettant d’imposer sa trace.

Pour certains, partir en vacances ressemble parfois plus à courir hors de soi qu’à traverser un rapport paisible avec le temps. Certains se braquent sur le programme de demain s’empêchant de se remplir d’aujourd’hui. Qu’a-t-on vu quand on « a fait » tel ou tel pays ? Leurre de luxe ? Besoin d’épater ? De quel travail discourt-on en disant « Je dois encore faire » tel lieu ou contrée ? Pour avoir vu un plus « à voir » ?

Le voyage s’apparente à une errance lorsque l’on est simplement là comme un passant. Quand traversant un marché, les yeux n’en ont que pour les étals, oublieux de saluer l’humble artiste du quotidien qui savamment a empilé, avec une éblouissante simplicité, fruits et légumes. A moins que ce ne soient vêtements ou breloques de tout ordre sur lesquelles se précipitent nos mains sans le moindre égard pour celui qui en a la charge. Nos pérégrinations ne sont-elles pas conçues pour jouir d’un plus être et non pas d’une surcouche de paraître ? Habillons nos voyages de « moins de biens et plus de liens » ! Liens. Fusse le temps d’un regard complice, amusé ou interrogateur envers ceux qui se portent à notre rencontre.

Partir en vacances peut aussi être tremper un pied, une main dans une rivière et se délecter des caresses qu’elle offre. Et cette cerise cueillie, ramassée, reçue ou achetée en la croquant doucement, s’imprégner de sa texture, l’écraser délicatement entre langue et palais pour en extraire l’ultime saveur. Faire de sa bouche une grotte de découvertes. De son nez un navire d’odeurs, qu’elles soient celle d’un enfant en sueur, d’une cascade de roses ou d’un jardin d’ombres. Concert de sensations incitant l’oreille en pointe, avide de silence, à accueillir avec intérêt les bruits insolites. Donner de nouvelles dimensions à l’espace et au temps.

Le Wabi, éthique japonaise apparue au XIIème siècle, cultive cette disposition spirituelle qui ne craint ni la solitude, ni la dissymétrie, cet état d’existence où l’on peut reconnaître et ressentir la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes. Trésors de bonheur, juste là à notre portée. Humble admiration des choses telles qu’elles sont, dans leur existence toute naturelle. Ainsi ce petit enfant qui, scrutant de ses doigts une taupinière, y découvre un caillou, se précipite vers moi, fou de joie, rayonnant d’émerveillement, « Mutsi, j’ai trouvé un diamant ! » Richesse et luxe sont ici à l’échelle wabi d’un sédiment millénaire sans brillance. Luxuriance d’une histoire insondable, ineffable mystère minéral d’une petite pierre. 

Que la traversée de vos vacances puisse vous offrir une plongée dans la sobriété paisible d’une quotidienneté Wabi. 

Mots clés: Vacances Sensorialité Richesse Culture